Etincelles d’émotions pour les débuts de la 32e édition du Verbier Festival

La cheffe et chanteuse Barbara Hannigan a embrasé la scène pour le grand concert d’ouverture du Verbier Festival, suivie de jeunes talents féminins et du fabuleux tandem Yunchan Lim-Klaus Mäkelä. Le chef finlandais dirige encore ce mardi le Verbier Festival Chamber Orchestra


Verbier a fait honneur aux femmes pour les débuts de la 32e édition de son festival classique. On ne pouvait rêver personnalité plus flamboyante que Barbara Hannigan pour diriger le concert symphonique d’ouverture, la semaine dernière, tant elle a insufflé une énergie incandescente à ses prestations. Certes, on peut trouver qu’elle en fait trop et qu’elle gesticule de manière un peu théâtrale; mais cette énergie a contaminé la centaine de jeunes musiciens sous sa baguette, avec un dernier numéro vocal de comédie musicale – où elle a chanté et dirigé en même temps – qui a enflammé le public.

Concerts, master class, répétitions ouvertes au public, randonnées en musique, concerts en marge du programme officiel sous le volet Unlimited: le Verbier Festival a repris sa petite musique – ou plutôt sa grande musique – comme chaque été. Rien n’est plus grisant que de déambuler d’un événement à un autre au fil de journées très denses. Si Barbara Hannigan a coché toutes les cases pour un concert à l’esprit typiquement 2025 (première femme cheffe d’orchestre à diriger à Verbier, mélange d’œuvres classiques et de pièces américaines du XXe siècle, commentaires adressés au public), d’autres concerts revêtaient un caractère plus classique.

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Côté jeune génération, la harpiste lausannoise Tjasha Gafner faisait ses débuts à Verbier. L’air gracieux, elle a imprimé un élan narratif à la Légende de la compositrice française Henriette Renié (1875-1956), la pièce la plus substantielle du programme. Son arrangement d’une Suite pour luth de Bach est très convaincant: il permet de savourer sa fine gamme de couleurs. L’arrangement d’une Sonate de Haydn nous a paru plus fade. On a beaucoup aimé les jeux de rythmes et sonorités dans Around the Clock de Pearl Chertok (1918-1981).


Le Verbier Festival Orchestra très inspiré

Agée de 22 ans, formée à Moscou, se perfectionnant chez Nelson Goerner à la Haute Ecole de musique de Genève, Ekaterina Bonyushkina affiche un fort potentiel. Si les Variations Eroica de Beethoven sont solidement conduites et architecturées, elles manquent un peu d’humour. La splendide Fantaisie opus 17 de Schumann réserve de bien beaux moments, avec à nouveau un vrai sens de la structure globale. Sans se départir de son air studieux – et de quelques duretés par-ci par-là –, elle do-mine les folles variations jazzy de l’Ukrainien Nikolaï Kapoustine. Cette pianiste en plein devenir livre en bis un Opus 117 numéro 2 de Brahms à la fois pudique et émouvant.


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Avec Yunchan Lim, Premier Prix du célébrissime Concours Van Cliburn en 2022, on se trouve en présence d’un ovni. Ce pianiste sud-coréen a tout: la fougue, l’incandescence, la sensibilité, l’imagination. Conjuguant un lyrisme très subtil à des accents sombres et entêtants, il a joué magnifiquement le 4e Concerto de Rachmaninov. Cette œuvre mal-aimée a trouvé son centre de gravité dans un mouvement lent à la poésie renversante. Le chef Klaus Mäkelä n’a pas ménagé ses efforts – on l’a vu répéter la veille avec le pianiste et les musiciens – pour fournir un superbe accompagnement à la tête du Verbier Festival Orchestra.


Un Klaus Mäkelä perlant de sueur

Du reste Mäkelä confirme ton talent pour galvaniser les jeunes musiciens. Toute sa direction d’orchestre est fondée sur les climats et la variété de couleurs pour des œuvres aussi puissamment évocatrices que le poème symphonique L’Ile des morts de Rachmaninov – lugubre et beau comme un navire chancelant dans une mer de brouillard – et le ballet L’Oiseau de feu de Stravinsky.

n dépit de la pluie et l’orage en seconde partie de concert dimanche soir, couvrant par moments la musique, l’orchestre a brillé dans tous ses registres, entre passages féeriques et accents tonitruants. Il fallait voir Mäkelä transpirer à grosses gouttes, et les jeunes musiciens les yeux rivés sur ses mimiques faciales. Tout un art de la suggestion et de la dimension narrative, beaucoup plus fort que l’animation vidéo «live» défilant sur un écran géant tout au long de L’Oiseau de feu – des images d’un kitsch inouï. Un torrent d’applaudissements a éclaté à la fin du concert tandis qu’il pleuvait des cordes au-dehors.

Klaus Mäkelä avec le Verbier Festival Chamber Orchestra, Daniil Trifonov et Sergei Babayan, mardi 22 juillet à 18h30, salle des Combins. Verbier Festival, jusqu’au 3 août.


윤찬림 부분은

Avec Yunchan Lim, Premier Prix du célébrissime Concours Van Cliburn en 2022, on se trouve en présence d’un ovni. Ce pianiste sud-coréen a tout: la fougue, l’incandescence, la sensibilité, l’imagination. Conjuguant un lyrisme très subtil à des accents sombres et entêtants, il a joué magnifiquement le 4e Concerto de Rachmaninov. Cette œuvre mal-aimée a trouvé son centre de gravité dans un mouvement lent à la poésie renversante. Le chef Klaus Mäkelä n’a pas ménagé ses efforts – on l’a vu répéter la veille avec le pianiste et les musiciens – pour fournir un superbe accompagnement à la tête du Verbier Festival Orchestra.

2022년 반 클라이번 콩쿠르에서 최연소 나이로 우승하며 혜성처럼 등장한 피아니스트 임윤찬은 그야말로 **'음악계의 UFO'**라 불릴 만합니다. 그는 열정, 강렬함, 섬세함, 그리고 풍부한 상상력까지, 연주자가 갖춰야 할 모든 것을 지녔습니다.

임윤찬은 미묘하고 서정적인 표현과 어둡고 반복적인 악센트를 절묘하게 조화시키며 라흐마니노프 피아노 협주곡 4번을 훌륭하게 소화해냈습니다. 이전에 다소 저평가받았던 이 곡은 그의 연주, 특히 놀라운 서정미가 돋보인 느린 악장을 통해 비로소 진정한 가치를 드러냈습니다.

지휘자 클라우스 마켈라 역시 아낌없는 노력을 기울였습니다. 공연 전날 임윤찬 및 오케스트라 단원들과 함께 리허설하는 모습이 포착될 정도로 열정적이었던 그는 베르비에 페스티벌 오케스트라를 이끌고 환상적인 반주를 선사하며 이번 공연의 완성도를 높였습니다.